Bonjour à tous,
vous trouverez ci-dessous un article reçu d'Alsace Nature sur l'ultimatum climatique de Copenhague où la conférence sur le réchauffement climatique va bientôt se dérouler.
Les chiffres sont vraiment alarmistes, mais il convient de ne plus fermer les yeux. S'il reste une chance de s'en sortir, elle est peut-être encore là, à Copenhague.
Surtout, signez la pétition pour que cette réunion aboutisse à autre chose que des déclarations sans lendemain :
http://www.copenhague-2009.com/,
Après, les jeux seront faits de toute manière et il ne restera plus qu'à subir les conséquences de notre folie...ou de notre inconscience.
Si l’objectif de la conférence de Copenhague est clair - aboutir à un accord pour lutter contre le réchauffement climatique - une inquiétude demeure cependant car toutes manoeuvres échappatoires à l'affrontement direct de la réalité climatique et énergétique mènera au chaos.
Nous avons trois certitudes. La modification de la composition
de l'atmosphère en gaz à effet de serre (GES) est rapide et
importante depuis cinquante ans. Le réchauffement global est sans
équivoque lorsqu'on observe l'évolution des températures moyennes,
mais aussi l'élévation du niveau des mers par dilatation,
l'accroissement de la vapeur d'eau, la fonte des glaciers et
d'autres facteurs. Enfin, l'essentiel de ce changement est dû aux
activités humaines, même si certaines activités naturelles telles
que les cycles du soleil et le volcanisme peuvent parfois amplifier
ou contrecarrer ce changement. Parce qu'il n'y a pas, dans le
passé, l'analogue de ce qui se passe actuellement, il est
nécessaire de réduire drastiquement et rapidement nos émissions de
GES et de mettre en oeuvre des politiques d'adaptation, notamment
pour la protection des populations de certains pays du Sud.
Il y a une autre raison d'agir vite et fort à Copenhague. Nous
n'avons plus que quelques années pour profiter de notre capacité de
faire, de notre puissance disponible, de notre relative prospérité
avant que l'énergie ne devienne rare et beaucoup plus chère
qu'aujourd'hui, tandis que la récession concomitante nous empêchera
d'agir efficacement. Si un bon accord juridique n'est pas conclu à
Copenhague, nous n'aurons plus le temps de nous en tirer, faute de
moyens physiques économiquement disponibles. Nous ne sommes plus
dans le rêve essentialiste d'une bienheureuse société post-carbone
en 2050, nous sommes dans le compte à rebours pour éviter le pire,
pour réduire les souffrances de nos enfants et petits-enfants, pour
sauver le plus grand nombre de nos frères et soeurs du Sud.
Pratiquement, le point le plus important de Copenhague est un
accord contraignant sur la décroissance réelle et forte des
émissions de GES à partir de 2015.
Moins connu que les autres arguments en faveur de la réduction des
GES, cette raison d'agir basée sur la raréfaction et le
renchérissement imminents de l'énergie doit être expliquée plus
avant. Essentiellement : le modèle économique dominant - que l'on
peut qualifier de « libéral-productiviste » - nécessite une
croissance sans fin et une création d'emplois continuelle, ce qui
est physiquement impossible. Plus explicitement : l'économie
actuelle s'appuie sur les marchés et les emplois pour distribuer
les biens et les services ; la croissance du PIB et des emplois
exige la croissance de l'énergie nette disponible ; cette dernière
est liée au pic de production de pétrole qui arrive aujourd'hui et
sera donc suivi - dès la décennie 2010-2020 - d'une décroissance
longue et définitive du PIB, la récession actuelle se transformant
en dépression puis en chaos si nos dirigeants ne décillent pas les
yeux. Bref, lorsque l'énergie nette disponible décroît, tout
décroît. Cette décroissance n'est même plus un choix politique
issue d'un débat politique sur les meilleures orientations pour une
planète soutenable, cette décroissance est notre destin.
De ce point de vue, les débats préparatoires à Copenhague sont
souvent affligeants. Les sujets qui occupent le devant de la scène
ne permettant pas du tout de faire face à l'avenir tel que décrit
ci-dessus. On organise ici de vastes conférences sur la création
d'un marché mondial du carbone, à l'image de l'European Trading
Scheme (ETS) qui a montré son inefficacité depuis trois ans. On
réunit là des experts actionnés par les lobbies pour débattre
gravement de la capture et séquestration du carbone. On rassemble
ailleurs des responsables économiques pour chanter les vertus des
Mécanismes de développement propre (MDP), c'est-à-dire l'achat, par
les entreprises du Nord, de crédits d'émissions dégagés par des
projets de dépollution au Sud. Au lieu d'exiger un effort national
en faveur de la baisse réelle des émissions dans chaque pays riche,
le « paquet énergie-climat » de l'Union européenne, adopté en
décembre 2008 sous présidence française, autorise les Etats de
l'Union à externaliser leur vertu en instaurant ainsi un marché
mondial d'indulgences au profit du Nord. Toutes ces manoeuvres ne
sont qu'échappatoires à l'affrontement direct de la réalité
climatique et énergétique.
A Copenhague, tout texte dilatoire inspiré par le nationalisme
économique ou l'ignorance de la hauteur des enjeux nous conduirait
vers un désastre global. Je crains que les chefs d'Etats et de
gouvernements, faute d'accepter un accord juridique contraignant,
s'en tirent par une déclaration politique commune, d'autant plus
magnifique qu'elle sera vide de décisions.
Yves COCHET
Mathématicien, ancien Ministre de l'Environnement, Député de la 11e
circonscription de Paris.



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