Conférence de
Dany Dietmann : L’EVOLUTION
DURABLE
Le
vendredi 13 juin 2008, à la mairie de Sundhoffen, à
20 heures. , sous la forme d’un Power Point, grâce
à un vidéo projecteur. Les références
des pages correspondent au livre de Dany Dittmann :
Déchets ménagers, le jardin des
impostures.
Ce
titre est préféré à l’habituelle
notion de développement durable car, souvent, le
développement économique des uns se fait au
détriment des autres. Elu maire de Manspach depuis 1977,
Dany Dittmann constate que ce sont toujours les familles les plus
modestes qui sont les plus touchées par toutes les sortes de
crises, économiques, avec bien sûr, le chômage,
la crise immobilière, mais aussi scolaires, culturelles,
avec par exemple, les départs en vacances moins
fréquents. Faire la liste de toutes les difficultés
prendrait beaucoup de temps !
Concernant la gestion des déchets ménagers, il
s’agit de rendre le meilleur service possible, pour le
coût le plus réduit possible, car une facture
allégée est souvent
appréciée.
UN NOUVEAU PARADIGME. Le mot
paradigme vient d’un mot grec qui signifie modèle.
C’est un modèle de pensée, une façon de
concevoir les choses, de raisonner. C’est comme si on change
le logiciel d’un ordinateur.
Depuis le pic de 2003, moment où la croissance de la
consommation dépasse la croissance de la production, nous
sommes passés de l’abondance, de la facilité,
de l’insouciance, à une nécessaire gestion
prudente des ressources naturelles
fossiles.
Nous vivons avec l’idée de l’abondance des
ressources d’une planète qui n’aurait pas de
limites. Ma poubelle contient des déchets qu’il faut
éliminer, soit dans un dépotoir terrestre, soit par
une dispersion atmosphérique, grâce à un
incinérateur, qui répand dans l’air, de la
vapeur d’eau, du gaz carbonique, des molécules
toxiques, des métaux lourds et des produits non
identifiés. Notons que la vapeur d’eau est le plus
important des gaz à effet de serre, un excès de
vapeur d’eau n’est pas une bonne
chose.
Le
porte-avion Clemenceau est un déchet encombrant qui contient
trop d’amiante que les ferrailleurs indiens n’ont pas
voulu, et que l’on a pas osé océaniser,
c’est à dire couler au milieu d’un
océan.
Des filières exportent nos déchets industriels vers
la Côte d’ivoire ou le Mali.
P
21 En 1992, les Français devaient traiter 20,5 millions de
tonnes de déchets ménagers, soit 359 kg par habitant.
En 2002, 30 millions de t, soit 505 kg par habitants, ce correspond
à une croissance de 50% en 10 ans.
A
900 m de Manspach, la décharge de RETZWEILER a une
capacité nominale de 220 000 t par an pour
l’ensemble du département du Haut Rhin, mais le canton
de Dannemarie doit alimenter le nouvel incinérateur de
Bourogne, dans le Territoire de Belfort car il a une
capacité trop grande.
Selon un dictionnaire, un
déchet est un résidu, un reste, une substance
indésirable, un encombrant. Au figuré, une personne
déchue, pitoyable ou méprisable.
« C’est un déchet de la
société ». Cette expression très
dure correspond aussi à une main qui n’a pas
été tendue pour réaliser la plénitude
des capacités de quelqu’un. La notion
générale de déchet démontre un aveu
d’incompétence, une légèreté de
conception.
Le nouveau paradigme est
l’idée suivante : un déchet ne devrait pas
exister sur une planète aux ressources limitées. Ce
mot devrait être remplacé par l’expression
produit résiduel qu’il convient de
recycler.
Dans nos poubelles sur 100 kg, il y a 29 kg de
matières biodégradables, 11 kg de plastique, 25 kg de
papier, 13 kg de verre 18 kg de textiles etc… et 4 kg de
métal.
LE TRI VALORISATION MATIERE est
une solution d’avenir. Sur Internet, tous les 4 jours, est
actualisé l’indicateur européen des produits
matières premières secondaires. Le charbon, le
minerai de fer, tous les autres minerais, si on est veinard, le
minerai d’argent de Saint Marie aux Mines, si on est encore
plus chanceux, les pépites d’or, tous ces produits
extraits du sous sol sont des matières premières.
Ici, les déchets triés sont appelés
matières premières secondaires, car une seconde vie,
un second cycle est tout à fait possible pour ces
déchets considérés habituellement comme
définitivement morts et donc, qu’on élimine
comme un cadavre de pestiféré, bien sûr, le
plus loin possible de chez soi.
Une tonne de cannettes de bière vaut 900
euros, ce qui permet d’acheter un caisse de 12 bouteilles de
champagne Krug à 70 euros la fiole, ce qui quand même
pas mal.
Une t de plastiques creux, de reprise,
(bouteilles, flacons de savon pour la douche etc…) valait
235 euros quand ce texte a été rédigé,
actuellement 266, et sûrement 350 en septembre prochain, car
le prix du baril de pétrole
s’envole.
Une t de papier, carton, c’est un gain de
108 euros, une t de ferraille, c’est 300 euros. Les
déchets du bois sont transformés en granulés,
en plaquettes ou en panneaux de particules. Les forestiers vendent
le houppier d’un arbre et non plus seulement le tronc
traditionnel.
Cette valorisation des déchets
représente un gisement de nouveaux métiers pour
350 000 emplois.
Le
chanteur Serge Gainsbourg avait scandalisé les
téléspectateurs en brûlant un billet de 500
francs devant une caméra. En fait, c’est ce que nous
faisons, une fois par an, lorsque nous ne trions pas les
déchets.
Nous nous lamentons sur la hausse du prix du pétrole mais
les possibilités de hausse des ces matières
premières secondaires sont tout à fait
intéressantes. En effet, le graphique qui montre
l’évolution du prix de la tonne de ferrailles,
d’origine régionale, révèle que de
janvier 2000 à janvier 2002, elle rapportait 100 euros, mais
en janvier 2005, on empochait 250 euros, et maintenant
300.
Les Français ne
valorisent que 19,5% des déchets et donc 80,5%. sont mis en
décharge ou dispersé par le feu dans notre fragile
biosphère.
LA FRAGILITE DE NOTRE
BIOSPHERE.
Les photos de la NASA montrent une mince pellicule bleue entre les
couleurs de notre planète et le noir de l’espace. Si
on représente la Terre avec une sphère de 2
mètres de diamètre, notre biosphère ou couche
de 8 km dans laquelle la vie est possible, ne correspond
qu’à l’épaisseur d’une couche de
vernis (1,2mm).
Cette mince pellicule où la vie est possible est
précieuse. Lorsqu’on a un poisson rouge dans un bocal,
chaque semaine, on change l’eau ainsi que le sable dans
lequel se déposent les crottes de l’animal. Avec nos
incinérateurs, nous rejetons toutes nos merdes dans
l’atmosphère et nous n’avons bien sûr pas
la possibilité de remplacer l’eau du bocal,
c’est à dire l’air de
l’atmosphère.
D’autre part, nous savons que les variations de la
biosphère modifient l’ADN qui est
l’élément de base de la vie sur notre Terre. Il
est donc totalement irresponsable de polluer le bocal dans lequel
nous vivons.
P 68 Paul Connet, professeur de toxicologie de
l’université Saint Lawrence de New York,
spécialiste des dioxines déclarait le 3 juin 2004,
à Grignon, en Savoie : « Construire un
nouvel incinérateur aujourd’hui, c’est clamer
aux quatre coins de la planète que l’on n’a pas
l’intelligence nécessaire pour gérer le contenu
de nos poubelles, dans le respect de l’avenir des
générations actuelles et
futures ! ».
LA GESTION DE L’EAU. Notre organisme est
constitué par une très forte proportion d’eau.
Les boissons, les aliments et le métabolisme lui apportent
de l’eau alors que l’urine, la transpiration et les
matières fécales retirent de
l’eau.
Les molécules d’eau existent depuis 4,2 milliards
d’années. L’eau neuve n’existe pas. La
molécule actuelle a peut être fait partie d’un
organe d’un dinosaure, d’une feuille d’un
chêne d’un baobab ou de l’aiguille d’un
sapin de la Sibérie ou aussi de la sueur de Louis XIV ou
bien encore d’un glacier du Groenland. Les
possibilités, les trajets sont infinies…Les eaux sont
filtrées par les sols et sous sols,
réutilisées sans cesse. Nous sommes comme
branchés sur un cycle qui n’a pas de
fin.
Dans l’air se trouve des fumées. Les pluies sont comme
une grande balayeuse et nous retrouvons tous les produits toxiques
dans les nappes phréatiques, les rivières et les
mers. Les chaînes alimentaires concentrent ces polluants.
Nous achetons des bouteilles d’eau mais nous mangeons des
poissons de la mer du Nord, du lait venant de pâturages
pollués, des salades, des plantes qui sont aspergées
par beaucoup de produits.
Une prise de sang révèle la présence de 57
produits toxiques.
Tout dépend de
la gestion de notre environnement. Le problème est collectif
et non pas personnel. C’est comme si nous nous serrions les
uns contre les autres. Nous crachons tous en l’air mais nous
ne sommes pas sûrs que notre crachat retombe sur nous, il
peut retomber sur le voisin. Ainsi, disperser un produit dangereux
est une connerie monumentale. Ils se concentrent dans les sols,
puis dans les chaînes tropiques. La dispersion
atmosphérique des polluants réalisée par les
incinérateurs, est la plus grande illusion du XX°
siècle. Cette culture technique est même idiote.
Montre moi ta rivière, je te dirais qui tu es, ce serait
plus significatif que de montrer les maisons fleuries, la
façade habituelle.
Un
dirigeant de Suez remarquait qu’il avait plus de coups
à prendre avec les incinérateurs que d’argent
à gagner.
Lors du GRENELLE DE L’ENVIRONNEMENT, le 25
octobre 2007, le président Sarkhozy a
affirmé : « La priorité ne sera
plus le seul traitement des déchets mais la
prévention, par exemple, en luttant contre le suremballage.
La priorité ne sera plus à
l’incinération mais au recyclage des déchets.
Il faudra prouver que pour tout nouveau projet
d’incinérateur, il s‘agit d’un ultime
recours. 75% des emballages devront être recyclés en
2015 ». Voilà des remarques de bon
sens.
LA REP ou
RESPONSABILITE ELARGIE DU PRODUCTEUR consiste à faire payer
le coût de l’élimination ou traitement du
produit résiduel par l’industriel qui met la
marchandise sur le marché. C’est la cas avec une
petite taxe lorsque nous achetons actuellement un appareil
électroménager. Eco Emballage (p .139) devra
couvrir 80% des coûts de l’élimination des
emballages et met en œuvre une politique de réduction
de 5 kg de déchets ménagers pour chaque
Français et par an et ceci pendant 5
ans.
LA RESPONSABILISATION DU
CONSOMMATEUR
L’eau est en théorie gratuite, elle fait partie du
patrimoine de la nation mais notre facture correspond à la
distribution et à l’épuration de l’eau.
On paye le service rendu. De même que pour la facture
d’électricité ou du téléphone,
c’est le prix qui favorise une motivation à la
modération de la consommation.
En
France, concernant les déchets des ménages, il existe
2 systèmes.
1°/ La TEOM, la
Taxe d’Enlèvement des Ordures Ménagères
établie au prorata de la surface habitable indiquée
dans la taxe du foncier bâti. L’Etat se charge de la
perception de cette taxe en ajoutant une commission de 8%. Le
directeur régional de Suez dit aux percepteurs du Haut Rhin
que pour les ordures ménagères, il faut cette
année 5 millions d’euros de plus. Les percepteurs
répercutent automatiquement cette hausse en se basant sur
cette assiette de la taxe. Ils n’oublient pas de prendre 8%
au passage et le tour est joué. Donc, tu tries ou tu ne
tries pas, on s’en moque, le prix est le
même.
2°/ La REOM ou
Redevance d’Enlèvement des Ordures
Ménagères. Les collectivités locales ont
compétence pour fixer les critères de la redevance et
en faire la gestion administrative. Donc, plus tu tries et mieux,
moins tu paies.
Il
existe d’autres systèmes comme par exemple à
Fribourg, en Allemagne avec une taxe fractionnée
d’Enlèvement des Ordures
Ménagères.
Ainsi, trier crée de la valeur ajoutée car une partie
des déchets coûteux à éliminer
deviennent des matières premières secondaires. Donc,
plus tu tries, plus tu valorises, moins tu paies parce qu’on
revend ce qui a été
trié.
C’est une des pistes du Grenelle de
l’Environnement qui recommande de trier plus pour gagner plus
en recyclant mieux.
L’EXPERIENCE de la C.C. (Communauté
des Communes) de la PORTE D’ALSACE
33
communes groupent 5500 foyers et 14 529 habitants. En 1991,
les odeurs de la décharge de Retzwiller étaient
intolérables sur des kilomètres. Officiellement, on
parle d’un CET ou Centre d’Enfouissement Technique de
classe 2 qui a une capacité de 170 000 t de
déchets ménagers
plus 70 000 t de DIB
(Déchets Industriels Banals du commerce , de
l’artisanat et de l’industrie, par opposition aux
déchets industriels spéciaux et dangereux qui
relèvent d’une filière
spécifique)
et enfin, 90 000 t de mâchefers venant
des incinérateurs.
Le
10 octobre 1991, le SIVOM décide une collecte
sélective des OM, (Ordures
Ménagères).
Le 16 décembre 1991, un sondage public est
favorable.
Le 1° janvier 1992, collecte porte à
porte des déchets triés, la redevance REOM remplace
la TEOM.
Le 16 avril 1994, compostage
individuel.
Le 1° janvier 1996, séparation des
plastiques creux mais en 1997, ce fut la première crise
rudologique (du latin rudos qui signifie déchet) c’est
à dire le conflit entre ceux qui font l’effort de
trier et ceux qui ne font pas cet effort, entre ceux qui veulent
payer plus et ceux qui veulent payer moins. Bref, beaucoup de
grogne qui finit par se calmer en adoptant le système de la
pesée embarquée en s’inspirant de
l’exemple canadien ou autrichien.
Le 1° janvier 1999, pesée
embarquée. Elle consiste à équiper la poubelle
(p.83) d’une puce électronique d’identification
qui correspond à un standard européen. Dans cette
poubelle, on met les produits non triés, appelés
résidus ménagers ultimes, car les autres
déchets sont collectés par catégories, de
portes en portes. P 85, par exemple, les bouteilles plastiques une
fois par semaine, le papier/carton, tel autre jour de la semaine,
etc…L’avantage, c’est que dans ces poubelles, il
n’y a pas la fermentation des déchets verts ou
biologiques.
On
paye pour chaque arrêt du camion ou levée du bac et
proportionnellement au poids des déchets de chacun de ces
bacs. Un voisin indélicat peut mettre ses déchets
dans votre poubelle, pendant la nuit. Si vous sortez une poubelle
pleine, il ne pourra pas mettre beaucoup de choses. Il a
été proposé de mettre un verrou sur chaque
poubelle mais un avocat a indiqué que nous risquions une
responsabilité civile si un enfant s’enfermait dans
une telle poubelle équipée d’un verrou. Donc,
chaque ménage a la possibilité de mettre un verrou
mais seulement 7 foyers sur 5 500 ont fait ce choix. En hiver,
si à cause du gel, une partie des déchets restent
dans la poubelle, bien sûr, on ne paye que ce qui est
effectivement tombé dans le camion.
En
2007, en bénéficiant de la vente des produits
recyclables, le coût moyen par habitant de la collecte et du
traitement des déchets a été de 56 euros par
habitants. P.86, en 2004, il était de 24,84 euros. En
France, la TEOM ou la REOM est de l’ordre de 80 euros par
habitant. C’est un bénéfice
appréciable.
A
Ribeauvillé, part fixe annuelle de 75 euros en 2006, 76,2 en
2007et 2008 à laquelle s’ajoute la location d’un
bac de 120 litres (taille minimum), de 10,36 euros par an ?
Chaque levée ou vidage de bac coûte 0,44 euros, prix
qui reste stable mais par kg de déchets 0,213 euros en 2006,
0,243 en 2007, 0,243 en 2008.
|
Année
|
Par kg
|
Par levée
|
Part fixe par foyer et par
semestre
|
|
2001
|
0,20
|
0,46
|
7,62
|
|
2002
|
0,22
|
0,46
|
10
|
|
2003
|
0,30
|
0,60
|
12,5
|
|
2004
|
0,33
|
0,66
|
15
|
|
2005
|
0,33
|
0,66
|
16,5
|
|
2006
|
0,36
|
0,73
|
22,5
|
|
2007
|
0,36
|
0,73
|
23
|
|
2008
|
0,37
|
0,75
|
23
|
La
communication multilingue, réalisée avec
l’entreprise Tremplin, consiste à rédiger des
textes pour les primo-arrivants turcs, arabes ou yougoslaves. Les
compatriotes ont remis et expliqué ce système aux
nouvelles familles. Les résultats ont été
fantastiques.
Dans les immeubles collectifs, les poubelles sont placées
dans un enclos grillagé fermé à clef, avec un
passe. Là, chaque poubelle a un verrou. Lorsque une famille
veut que sa poubelle soit vidée, elle met la poubelle dans
l’autre sens, comme prête à partir. Les
éboueurs ne prennent que ces
poubelles.
Le
compostage a permis de réduire le poids des déchets
de 76 kg par habitants et par an, depuis 1994 (P.69). Une plate
forme pour les déchets verts a été faite en
2000. Ces déchets verts contiennent 55% d’eau, donc,
il est stupide de dépenser de l’énergie pour
les transporter et surtout pour les
vaporiser.
Il
existe plusieurs catégories de déchets triés.
P.85 ; Pour les déchets toxiques collectés 6
fois par an, leur élimination revient à 2000 euros la
tonne. Les encombrants, c’est à dire ce qui a plus
d’un mètre cube, sont ramassés une fois par
trimestre, comme les D3E, c’est à dire les appareils
électriques, électroniques et
électroménagers. .
Le
poids de l’ensemble déchets ménagers ultimes ou
intriés a fortement diminué, l’opération
a été une réussite. En 1997, il restait 317 kg
par habitant, en 2000, 284 et actuellement, 94,89
kg
Réponses aux
questions.
Selon l’AFSA, dans le Haut
Rhin, l’occurrence des cancers est plus forte si on vit
près des incinérateurs. Les incinérateurs sont
anciens, or parmi les nouveaux déchets, il existe des
ingrédients qui ne sont pas prévus et qui sont comme
hors sujet. On identifie seulement 20 molécules comme les
dioxines, les furanes etc…sur 2000, donc, on est dans le
brouillard à propos de 1880 molécules ! Avec les
nouveaux incinérateurs, une enquête est en cours sur
une période de 20 ans. Entre temps, il n’existe des
filtres que pour 20 substances.
Concernant les PCB, dans la réglementation française,
il n’y avait rien sur leur filtration, et donc, les poissons
ont été contaminés. C’est une directive
européenne sur ces PCB qui a imposé une mise aux
normes très coûteuse des incinérateurs. Si on
veut se protéger de plusieurs poisons, cela risque
d’être très, très
coûteux.
Le
professeur Jean Untermayer de l’université de Lyon
explique que les normes des incinérateurs sont des normes
technologiques et non pas des normes sanitaires et qui sont
définies ainsi : « ce qu’on peut faire
de mieux en filtration à un coût
raisonnable ». Aux USA, on ne fait pas de cadeaux aux
industriels. Les normes concernant la dioxine sont 100 fois plus
basses. Idem au Japon. (P.52, alors que leur mesure et
contrôle en France est une mascarade, (P.53) une
dangereuse… fumisterie). Il faut absolument arrêter la
construction de nouveaux incinérateurs qui valent 120
à 140 millions d’euros et qui correspondent à
des emprunts sur 20 ans.
Les constructeurs automobiles
prévoient le recyclage quand ils conçoivent une
voiture. Une auto Peugeot est recyclée à 96,7%,
Mercédès fait même mieux. C’est
même rentable, donc une bonne nouvelle économique et
en plus, cela donne une image de marque écologique tout
à fait positive. L’incinérateur va à
l’inverse de ces nouvelles technologies. Les
sociétés Suez, Saur, Véolia… profitent
d’un laxisme réglementaire mais elles sont très
fragiles dans notre paysage socio-économique,
l’opinion publique est plus informée, avertie,
contestatrice.
Il
manque des filières de recyclage. En Italie, existe une
grande avance technologique pour le recyclage des frigos. A
Aubagne, près de Marseille, le biologiste Jacques Testat a
créé une entreprise de recyclage des plastiques qui
fabrique des bancs de jardin. Comme il manque de cette
matière première secondaire car on la brûle
idiotement dans les incinérateurs, il va
déménager en Allemagne où 48 000 t de
plastiques recyclés permettent une économie de
38 000 t de pétrole. L’apologie de la
productivité et de la croissance c’est
dépassé, c’est l’inventivité qui
est créatrice d’emplois. Voilà le nouveau
paradigme, ce qui signifie que tout est remis en
cause.
Un
débat sur l’association France Nature Environnement
présidée par Jacques Pélissat,
député-maire de Lons le Saulnier et président
de l’association des maires de France et qui est
hypocritement favorable aux
incinérateurs.
A.CLAVERIE
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