Emission de la série
infra rouge de France, 2 le jeudi 28 janvier 2010 à 22h 50, pendant
1h 20.
Documentaire de José
BOURGAREL :
Cent mille cercueils, le scandale de
l’amiante.
RESUMONS / Ce que je mets entre crochets
[…] est un commentaire personnel.
En France, 10 personnes meurent
par jour à cause de l’amiante. On estime que plus de
100 000 Français décèderont d’ici 2025, 500 000
Européens.
Dès 1906, à
Condé sur Noireau, en Normandie, un rapport de l’inspection
du travail démontre que le manque de ventilation dans une usine
d’amiante a provoqué la mort de 50 ouvriers. Les troubles
pulmonaires apparaissent 10, 20,30 ou 40 ans après. En 1955, en
1965, les preuves scientifiques s’accumulent mais
l’Académie de médecine, les juristes, les médecins du
travail, les hommes politiques de tous bords, même les
syndicalistes sont manipulés par le lobby de l’amiante, le
CPA ou Comité Permanent de l’Amiante, crée en 1982 . En
1977, l’usage de l’amiante est interdit dans la
construction mais les lobbies résistent, mentent. Claude Allègre
est contre le désamiantage [Word ne connaît même pas ce mot] de la
fac de Jussieu mais se fait construire un bâtiment neuf à côté. Il
parle de « psychose
collective ».
En 2004, l’Etat
est condamné en tant qu’employeur et en tant
que législateur.
En 2005, le rapport
[officiel, sérieux] du Sénat de Gérard Deriot (UMP) est accablant.
Incroyable mais vrai, on semble être dans un Etat qui ne gère plus
rien, qui ne conduit plus rien.
L’EMISSION AVEC UN
ORDRE CHRONOLOGIQUE et comparaison des pays.
En Grande
Bretagne, les romans de Dickens sur la misère ouvrière ont
eu le mérite d’encourager la recherche de solutions, en
particulier pour les accidents de travail. En
1931, 2 médecins décrivent le cancer de l’amiante,
les 1° mesures de prévention contre l’empoussièrement sont
prises. En 1955, l’Anglais Richard Doll démontre
scientifiquement que ces poussières sont vraiment
mortelles.
Aux USA, dès 1918, les
assurances refusent de couvrir les risques liés à l’amiante.
[Donc, une corrélation est prouvée de façon
clairement…comptable]. En 1946, des mesures de prévention
sont prises comme en GB. En France, on se contente d’inscrire
ces fibroses pulmonaires dans le tableau, la liste, des maladies
professionnelles qui justifient des « primes
d’insalubrité », [ce qui n’est pas trop
alarmiste]
En 1965, avec
le gros volume de l’Académie de médecine de New York, le
pouvoir carcinogène de l’amiante est une certitude. Tout est
décrit : la fibrose, le cancer, la prévention et même, on
parle de la plus grosse catastrophe de la santé au travail. [On
n’est plus dans l’anecdote, le fait mineur, marginal,
un problème majeur de sécurité au travail est bien établi].
Les Anglo-Saxons ne comptent pas sur une loi mais ils
utilisent des procès pour obtenir de très lourdes
indemnités et ainsi endiguer, limiter, ce qui est la plus grande
catastrophe sanitaire qui concerne les travailleurs. En
1971, les 1° procès commencent aux USA. En 1982, la plus
importante société américaine qui produit de l’amiante, est
mise en faillite à la suite de ces procès, l’amiante
n’est plus utilisée. [Toucher le porte feuille, ça fait mal,
surtout s’il est gros !]
En 1982, en Suède, une
loi interdit totalement l’amiante. Volvo trouve une
autre solution pour limiter l’échauffement des
freins.
En France, [on
traîne comme un escargot et on ment comme un arracheur de dents. Il
paraît qu’en France, on n’a pas de pétrole mais on a
des idées. Effectivement], depuis 1950, les frères
Flandin ont inventé un nouveau procédé de flocage de
l’amiante qui sert pour l’isolation thermique, et qui
surtout limite la progression du feu dans les bâtiments. Il rend
l’amiante inoffensive mais il coûte un peu plus cher, donc,
on l’écarte… même à l’Institut du Cancer de
Lyon !
En France, les fausses
bonnes nouvelles sont très efficaces. En 1971, une
brochure de l’Association française de l’amiante
démontre que ce n’est pas un poison. Le titre, « Vivre
avec la fibre de la terre » suggère qu’un produit
naturel ne peut être nocif. L’amiante est extraite dans des
carrières, essentiellement au Canada. C’est habile : un
champignon, un fruit peut contenir un poison, pas une banale
roche !
En 1973, le BIT, Bureau
International du Travail fait un rapport qui démontre que
l’amiante provoque des cancers. Aucune réaction en France. Il
n’y a rien dans la législation du travail, donc, un
inspecteur du travail ne peut pas condamner un industriel.
[Circulez, il n’y a rien à voir ! Par contre, si à 5
heures du matin, dans un village désert, vous avez une vitesse de
58 km/h au lieu de 50, tel article du code de la route vous
rackette de 90 euros. Le chanteur béarnais Nadaud considère les
gendarmes comme « des racketteurs à képis ».Veuillez
excuser mon excès de bile béarnaise, je vous promets de ne plus
recommencer.]
En 1975, on découvre de
l’amiante dans l’université de Jussieu car des
poussières bizarres tombent sur les microscopes. Un chercheur de
Jussieu, Henri Pézenat, porte parole de 30
chercheurs écrit un livre et passe à la télé face à de jeunes loups
arrogants de notre capitalisme sauvage. Le message passe quand même
et en 1977, l’amiante est interdite dans le
bâtiment. Le ministre de la Santé, Jacques Barrot
(1979-1981) interdit le flocage en France et mais son utilisation
reste légale dans la construction navale et automobile. Jacques
Barrot dit à l’auteur du documentaire qu’à
l’époque, on n’avait pas de données scientifiques et
qu’il n’existait pas de substituts. L’amiante
était très appréciée par les pompiers mais s’il existait une
déchirure dans ces vêtements, des fibres d’amiante
s’échappaient. [Bref, un petit
détail]
Le patron de Jacques Barrot, le
premier ministre Raymond Barre a reçu la visite des industriels qui
menaçent carrément de fermer les usines si l’amiante est
totalement interdite. Le chantage réussit avec des ignorants qui ne
connaissent pas les solutions anglaises américaines ou
suédoises.
Le documentaire privilégie les
ouvriers de l’usine Valéo à Condé sur Noireau, en Normandie.
En 2009, 17 morts à cause de ce cancer, [le nombre total, les
pourcentages d’ouvriers, on ne sait pas] mais Roger est le
seul survivant d’un atelier de 8 personnes. Les fins de vie
sont très pénibles, avec une respiration qui devient de plus en
plus insuffisante. L’arnaque concerne le taux
d’empoussièrement limite dont l’existence
légale, dans un texte de loi, date de 1977, soit 46 ans après la
GB, 31 ans après les USA. Le seuil français est trop élevé et ne
protège personne. [Copier ou diffuser les taux des autres pays
aurait été un crime de haute trahison patronale.] En 1978, une
résolution européenne est votée. En 1980, Bruxelles abaisse le
taux, puis à nouveau en 1983. Ce n’est appliqué en France
qu’en 1987.
L’usine de Condé
annonce des chiffres toujours satisfaisants, c’est
rassurant. Les inspecteurs du travail viennent rarement dans cette
usine ou bien après avoir prévenu, ce qui permet de bien balayer et
d’arrêter les machines dangereuses. Les médecins du travail
payés par l’usine, disent aux ouvriers qu’ils ont des
poumons de 20 ans. Si un de ces médecins devient trop mordant, on
lui retire le contrôle de cette usine. Les pressions sont évidentes
pour limiter les interventions. Il suffit de suivre la logique des
bonnes mesures de l’usine : il n’y a aucun
problème. Le code de déontologie, connaît
pas.
L’année 1994 fut
un tournant car les profs de Jussieu savent mieux se faire
entendre : 8 profs malades à l’époque, 130 actuellement.
La revue Sciences et Avenir avec le dossier complet du journaliste
François Malye, et en 1995, Envoyé Spécial de France 2 rendent
publique l’affaire. Selon la ministre de la Santé,
Elisabeth Hubert( mai –novembre 1995),
l’etablishment découvre le problème seulement à ce moment-là.
Cette député de la Loire Atlantique connaissait bien les chantiers
navals et comme étudiante en médecine [ni myope, ni ignare], elle
avait vu l’état calamiteux des poumons de ces ouvriers. Elle
a rédigé des textes de lois véritables, véritablement
contraignants : interdiction totale de
l’amiante, hôpitaux à rénover, indemnisation, ce qui risque
de déclencher une grave tempête judicaire. C’est la menace
des procès qui fait bouger les choses, qui met fin à
l’incurie des pouvoirs publics.[Je remarque que cette dame
n’a pas eu une longue survie ministérielle (6
mois).]
Les industriels de
l’amiante ont depuis 1982, et donc, jusqu’en
1995, donc, pendant 13 ans, réussit à berner tout le monde.
En 1982, ils ont créé le CPA ou Comité Permanent
de l’Amiante, qui n’a aucune réalité juridique
(ce n’est qu’une association privée) mais qui groupe
des scientifiques de renom, du personnel des ministères et même des
syndicalistes de la CGT, donc, des personnalités inattaquables, des
notables. Les ministères ont délégué à une officine privée, ce
dossier brûlant, [cette « patate chaude »]. Les membres
de ce CPA vont même à Bruxelles à la place des ministres, [comme un
Etat dans l’Etat, le comble de la belle formule juridique,
être juge et parti !] L’Etat a abandonné sa prérogative
de la fabrication de la législation à des privés, [et surtout à des
administrateurs de sociétés qui ne rendent des comptes
qu’à des actionnaires et qui ont recruté des scientifiques,
des médecins myopes et ignares, bref, un capitalisme
sauvage !]
.. Ce CPA parle
d’un usage contrôlé de l’amiante. Les masques ne
servent à rien, le professeur Got indique qu’il faudrait une
adduction d’air, c’est à dire un scaphandre, dont
parlait une revue de…1936. Les industriels apportaient des
infos incomplètes, oubliaient les expertises techniques. Les
documents présentent les faits de façon trompeuse. Les ministères,
même le syndicat CGT (M.Odet) ont été aveuglés, bernés,
manipulés.
Avec les lois Hubert de 1995, la
musique n’est pas la même. En juillet 1996, le
rapport Goldberg de l’INSERM reconnaît officiellement le
danger et estime pour la première fois, le nombre de morts
à, au moins, 2000 par an. Aucune statistique n’a été faite,
les études épidémiologiques ont été oubliées, zappées,
ignorées : des détails…Cette unité de l’INSERM
avait du mal à trouver un financement et sur le terrain, les
employeurs refusaient carrément de collaborer. Dès le lendemain de
la publication (estivale) de ce rapport, le (la) ministre interdit
totalement l’amiante, ce qui devient applicable pour le 1°
janvier 1997. Ainsi, depuis le 1°janvier 1997,
l’usage de l’amiante est totalement interdit en
France. La France est ainsi le 8° pays qui dispose de cet
arsenal judiciaire.
Le 14 juillet 1996, J.Chirac
souhaite la transparence dans les dossiers de la vache folle et de
l’amiante. La fac de Jussieu sera fermée. C’est faux,
les travaux de désamiantage ne sont pas terminés en 2010. Claude
Allègre qui annonce haut et fort qu’il est un vrai
scientifique, est contre le désamiantage et s’indigne de
cette « psychose collective ». Comme il avait ses bureaux
dans cette fac de Jussieu et qu’il n’a pas le goût du
sacrifice, il a fait construire un bâtiment à côté et même le
financement de son nouveau bâtiment a asséché le budget du
désamiantage ! [Donc, il s’est prudemment servi mais il
a laissé les copains dans la m..., dans l’amiante ! Il
écrivait des articles qui réfutaient les risques de
l’amiante, un scientifique notoire donnait des
leçons…Faites ce que je dis et ne faites pas ce que je fais,
on connaît la musique…Ces articles devaient habituellement
se monnayer, un Juda qui trahit son camp n’oublie sûrement
pas de réclamer ses 30 deniers !]
..En 1998,
Martine Aubry apporte un peu d’humanité dans ce
monde de brutes. Les ouvriers de l’amiante auront leur
retraite à 55 ans et même à 50 ans si l’examen des poumons
montre des atteintes graves. Le FIVA ou Fond d’Indemnisation
des Victimes de l’Amiante est créé.
En 2002, La Cour de Cassation
reconnaît que les plaintes des victimes sont
valides.
En 2004, l’Etat est
condamné en tant qu’employeur et en tant que législateur.
Nous venons de constater que l’Etat a laissé les industriels
de l’amiante légiférer à la place des députés,
de
1982 à 1996.
[Forfaiture, c’est à dire trahison, mafia dans les
ministères, une réelle et ancienne] « omerta » (ce mot
est bien mis en valeur dans le documentaire). .
En 2006, le glaive de la justice
met en examen 6 directeurs d’usines et des médecins du
travail mais comme il travaille lentement, les procès traîneront
jusqu’en 2015. Il faudrait 10 fois plus d’enquêteurs
pour activer la cadence. Un ouvrier constate que
c’est un crime sournois, c’est
dégueulasse.
Il existe un conflit entre la
branche maladie de la Sécurité Sociale payée à 50 % par
l’employeur, le reste par le salarié, et les accidents du
travail payés à 100% par
l’employeur.
Maintenant, notre
réglementation est très bonne mais elle n’est pas appliquée.
L’importation, la transformation et la vente d’amiante
sont interdites en France mais les constructions des années 1960 et
1970, soit la moitié des logements ou des maisons, même la moitié
des CHU, ont des
problèmes d’amiante. Un certificat est exigé lors de la vente
d’un logement [mais les tolérances sont réelles]. Parmi les
chantiers de désamiantage, la moitié ne sont pas aux
normes !
Les fibres courtes et fines qui
correspondent à 90% des fibres ne sont prises en compte par les
réglementations alors qu’elles sont dangereuses selon
l’AFSET. Depuis 1977, on ne mesure que la partie apparente de
l’iceberg. Le refrain est toujours le même : une variété
d’amiante, la cryolite n’était considérée comme pas
dangereuse alors qu’on savait scientifiquement que
c’était faux.
Il existe une exposition
environnementale. Ces fibres déposées dans des centaines
de décharges sauvages rejoignent la nappe phréatique et donc, nos
estomacs. Les filtres pour le vin utilisent l’amiante. Tout
le monde a respiré des milliers de fibres
d’amiante.
On commence à établir une
corrélation entre l’amiante et les cancers du larynx et de
l’ovaire, une suspicion concerne le cancer du
colon.
La mondialisation des
mesures de prévention n’existe pas du tout. Au
contraire, le Canada reste le premier producteur mondial
d’amiante et vend très facilement au Brésil, à
l’ensemble de l’Asie, bref, partout, sauf aux USA et en
Europe. Il parle d’un usage contrôlé, maîtrisé de
l’amiante. Ainsi, les 4/5 de la population mondiale reste
dans la même situation que la France des années 1970 ou 1980. La
courbe de la consommation d’amiante augmente en Inde et en
Chine et nous achetons beaucoup d’objets à ces pays-là.
L’Union Européenne autorise l’interdiction
d’importer certains produits contenant de
l’amiante.
Elisabeth Hubert estime
qu’un procès pénal est justifié et même
nécessaire pour redresser les choses. Cette affaire démontre que
notre société privilégie le profit au détriment de la santé, en
particulier celle des travailleurs. Beaucoup de fonctionnaires,
industriels, médecins, même généralistes sont concernés et Roger,
le seul ouvrier survivant parmi les 8 ouvriers de son atelier,
pense que quelques mois de prison seraient utiles au médecin du
travail qui a beaucoup trop menti.
MON
COMMENTAIRE :
Les livres d’instruction
civique expliquent que la loi est l’expression de
l’intérêt général. Il est difficile d’entendre et
d’admettre que des lobbies infiltrent les ministères pour
pervertir les décisions. Ici, ces lobbies ont même remplacé les
fonctionnaires en endossant le vêtement de l’expert, du
spécialiste, du scientifique, Claude Allègre, en tête. Il est
totalement scandaleux que la respectabilité scientifique se mette
au service de manipulations grossières. Ces loups essayent de
gagner du temps mais la vérité finit par éclater. Ils sont du même
niveau qu’Hitler qui répétait : « Mentez, mentez,
il en restera toujours quelque chose ». Le doute, la suspicion
touche aussi les scientifiques honnêtes lorsque de nombreux et
respectables scientifiques ont aussi gravement menti. Ce lamentable
jeu du loup et de l’agneau est d’autant plus scandaleux
que les sommes nécessaires à la prévention sont
minimes.
Qui se souvient du
procédé des frères Flandin des années 1950 qui
rendait la flocation inoffensive mais qui la rendait un peu plus
chère ? De combien ? Le documentaire oublie de le dire.
On va dire 3 sous. Donc, pour 3 sous, quantité de problèmes
auraient été évités. Cet aveuglement correspond à l’ignorance
totale du danger, un silence organisé, une
omerta.
Dans mon Encyclopédie
Universalis d’octobre 1975, tome 14, p.161, je lis que
« l’aspiration des poussières, la
ventilation visant à remplacer au fur et à mesure
l’atmosphère chargée de poussières est d’une
très grande efficacité ». Là aussi, disons pour 3
sous, bien des malheurs auraient été évités. Les industriels
savaient cela mais ils ont choisi d’aller pleurnicher chez
Raymond Barre, ils l’ont menacé de fermer les usines. Les
anciens se souviennent du mot scandale prononcé par la voix
rocailleuses de Georges Marchais, secrétaire général du Parti
Communiste Français. Il me semble donc, que les syndicats et même
G. Marchais ne connaissaient pas le problèmes et surtout les
solutions…peu coûteuses ! La machine à manipuler du CPA
a été redoutablement efficace et c’est cela qui me fait
vraiment peur.
Dans cet article, p. 160, je lis
que les fibres longues de 15 microns s’opposent aux fibres
courtes de 2 microns. « La sclérose asbestosique est plus
redoutable que celle de la silicose des mineurs. L’évolution
est beaucoup plus lente que celle de la silicose. Les premiers
signes apparaissent après dix ans d’exposition à un risque
important ». J’ai découvert à quoi correspondaient ces
« poumons de 20 ans » : « La traduction
radiographique des lésions est difficilement lisible, à
travers une diminution générale de la transparence, tant elles sont
diffuses et floues ». La capacité respiratoire est légèrement
diminuée, donc, à nouveau, ce n’est pas une preuve. Ainsi, un
médecin qui n’était pas ignare, SAVAIT que ces ouvriers qui
travaillaient sans protection allaient avoir des
problèmes…plus tard. La silicose évolue en général vers une
tuberculose alors que « l’asbestose paraît bien
posséder un potentiel cancérigène et favoriser le développement des
tumeurs épithéliales bronchopulmonaires, en particulier le
mésothéliome pleural ». D’accord, j’ai des poumons
de 20 ans mais ils seront comment dans 10 ou 20 ans ? Un
ouvrier a le droit de survivre, il ne mérite pas cette pénible
condamnation à mort…latente, larvée,
« sournoise ». Cette affaire ressemble à une bombe à
retardement et ce sont les juges qui sont chargés de
trouver des solutions. Le bruit médiatique servira peut
être à éviter, dans le reste du monde, non pas l’usage de
l’amiante mais VRAIMENT « un usage contrôlé et
maîtrisé », ce qui d’ailleurs, ne coûte pas cher (le
flocage Flandin, la ventilation).
Ce qui me révolte dans cette
affaire folle et mesquine de petits sous, c’est une
sorte de totalitarisme de la pensée scientifique
officielle de Claude Allègre par exemple. Ce Roger garde
une haine contre son médecin du travail qu’il avait en face
de lui mais ce médecin n’est que le maillon terminal
d’une chaîne d’information qui a fonctionné de façon
catastrophique. C’est donc en 1994-1995 qu’une
contre offensive médiatique a eu lieu. Avant que faisaient
les conseillers, les documentalistes des ministères, des syndicats,
de l’Ordre des Médecins, les chercheurs, les
universitaires ? La banale Encyclopédie Universalis de 1975
est déjà fort éclairante. L’académie de médecine de Paris se
révèle beaucoup moins pertinente que celle de New York. Face à
l’Internationale de l’amiante, il n’y a eu donc
aucun colloque pour dire qu’avec quelques petits sous, on
peut avoir une prévention, c’est à dire « une
ventilation très efficace ». Un scaphandre aurait été parfait
mais limiter les dégâts, garder une capacité respiratoire correcte
mais pas parfaite, ne coûte pas cher. Je ne comprends pas, je ne
comprends plus !!
Un collègue vient
d’enterrer, en juin dernier, le 6° prof d’un lycée
technique de Guebwiller, il avait 57 ans. Les dangers du flocage
que ridiculise C. Allègre ne sont pas une lubie, mais une
réalité !
Ce documentaire oublie de
calculer l’espérance de vie des ouvriers ou autres victimes
de l’amiante. « Ils meurent de 55 à 65 ans »,
d’une façon indigne, en voyant s’éteindre
inexorablement le souffle de la vie. Une autre résignation ou
fatalisme, peut être accepté.
Je connais
l’exemple des usines chimiques du complexe
de Lacq dans les Pyrénées Atlantiques. En faisant le tour du
cimetière de mon village natal, on constate la faible espérance de
vie de ces ouvriers, environ 60 ans. Je connais un cas précis
d’une mort par cancer à 66 ans, il y a 10 ans. La société
SNPA avait coutume de financer une assurance-vie qui permet de
transmettre, sans frais, à un héritier, jusqu’à 1 million de
francs. C’est ainsi que le frère a reçu 700 000 francs.
Ici, la ventilation n’était pas efficace,
suffisante…
Dans le cas de l’amiante,
c’est l’ignorance et la bêtise qui sont graves.
D’après Jacqueline de Romilly, en grec, le même mot désigne
l’ignorance et la bêtise. Ce qui est quand même révoltant,
c’est qu’en fait, ce n’est pas une affaire de
fric, juste une affaire de 3 sous…Les indemnisations
consécutives aux procès risquent d’être plus coûteuses !
Combien coûte une fin de vie raccourcie et
indigne ?
Le jeudi suivant,
l’émission infra rouge avait pour thème la
suppression des juges d’instruction. Sarkhozy ne
veut plus de ces juges qui embêtent les patrons. Dans le Nouvel
Observateur n°2361 du 4 février 2010, p. 85 « Certains
juges d’instruction sont devenus redoutables, ils ont compris
les systèmes de blanchiment et de corruption. Les associations de
victimes sont en essor et les ont saisis notamment en
matière de terrorisme et de santé publique (l’amiante, le
sang contaminé) et donc, le champ des investigations de ces juges
s’est élargi. »