Sortie nature visite du Ried septembre 2011

Blog de addes :ADDES, Sortie nature visite du Ried septembre 2011

Tout a commencé cet hiver lorsque André nous a parlé d'une ferme bio située à Rathsamhausen. Une ferme capable de faire pousser des fruits et des légumes sans engrais chimique, sans pesticides: était-ce possible ? Comment font-ils donc puisqu'on nous l'affirme sans arrêt : "ce n'est pas possible, sans engrais, rien ne pousse, c'est la modernité, il faut l'accepter". Bref, il existe donc des agriculteurs bio et il nous fallait aller à leur rencontre, ce que nous avons fait ce samedi 17 septembre après nous être donnés rendez-vous comme d'habitude devant l'ancienne poste à Sundhoffen pour organiser le covoiturage. Vers 9H30, nous sommes partis en direction de Rathsamhausen, petit village situé au nord-est de Sélestat où nous attendait Mme Peter qui nous a guidé toute la matinée.
Nous avons commencé par la visite de l'étable où sous les panneaux solaires fleuraient bon des parfums de notre enfance. Nous y avons découvert la "fumure", mélange savant constitué de bouse de vaches et d'herbes naturelles (et encore d'autres secrets de fabrication naturelle). Ce mélange sert de base à l'épandage dans les champs et les serres mais ce n'est pas tout. sa composition est équilibrée et tient compte des phases de la lune, des saisons et surtout du temps car l'alchimie précieuse ne peut se faire sans l'élément de la patience, source de goût pour les plantations à venir, mais aussi source de santé.

Un proverbe paysan le dit bien "le temps se venge toujours sur ce qui a été fait sans lui". Nous avons pu vérifier que chez les Peter, celui-ci est bien respecté.

Nous avons ensuite visité les serres et les champs; quelle surprise de vois des plants pas forcément tous beaux mais aux fruits savoureux. Et quel réconfort de constater qu'il poussaient bien sans pesticide !

Le tas de fumier à côté des serres dégageait une bonne odeur d'humus, un peu comme en automne dans le sous-bois après la pluie. Et c'est ce parfum qu'il faut pour un fertilisant de qualité car toute autre odeur trahit une décomposition involontaire et doit donc être jetté.

Puis nous sommes rentrés à la ferme pour y faire nos courses et je peux vous dire que la soupe de potiron que nous avons dégusté le soir n'avait rien à voir avec l'habituelle !

Le temps de remercier chaleureusement Mme Petetr et nous sommes partis sous le soleil déjeuner au restaurant "Bio-Acoustic" à Sélestat où nous avons été accueillis chaleureusement par les propriétaires qui nous en ont mis plein les papilles !

Puis nous nous sommes dirigés vers Muttersholtz pour visiter la Maison Gander, dernier atelier de tissage artisanal de France. Histoire de faire quelques emplettes pour mesdames et de visiter les anciens ateliers avec une projection d'un film sur l'art du tissage artisanal. Le décor lui-même vaut le détour : imaginez une ancienne ferme restaurée avec un intérieur lumineux tout en bois, des tissus de toutes les couleurs partout et derrière, un grand verger où brouttent paisiblement quelques ânes. Un endroit de paradis, je ne vous dit que cela !

En fin d'après-midi nous nous sommes rendus à la maison de la nature qui était hélas fermée, mais il était l'heure de rentrer. Mais ce n'est pas grave, cela nous donnera une bonne occasion de revenir dans ce bel endroit avec ceux qui n'étaient pas disponibles ce samedi mais aussi -n'en doutons pas- avec ceux qui l'on déjà visité en cette belle journée !

 

mardi 20 septembre 2011 17:04 , dans Les rendez-vous de l'ADDES


Sortie berges de l'Ill 18 juin 2010

Blog de addes :ADDES, Sortie berges de l'Ill 18 juin 2010

Et nous voici partis à la découverte des berges de l'Ill, non sans avoir fait un petit détour d'abord par l'étonnant jardin d'Arthur.

Quel jardin, sans parasites ni maladies, et pourtant sans traitement chimique, pesticide ou autres saletés. Non, Arthur nous prouve que l'on peut jardiner intelligemment en partiquant l'agencement d'espèces différentes qui vont se protéger les unes et les autres. Ainsi plus de traitement anti-limaces, ou de tonnes de désherbant. Pour l'eau, le paillage est la meilleure solution car il conserve l'humidité du sol sans arroser trop, tout en permettant la réutililsation des herbes fauchées dans le verger. Tout est question d'équilibre, pas besoin alors de trop intervenir car la nature fait bien les choses sans intervention humaine, ce que l'on oublie trop souvent.

Ensuite, nous sommes partis sur les berges de l'Ill pour découvrir la flore et la faune locale. Mais c'était sans compter son extraordinaire diversité et l'analyse des fleurs et des plantes qui nous a pris deux bonnes heures et ne nous ont permis de parcourir que quelques centaines de mètres ! L'aventure commence à notre porte, pas besoin d'aller à l'autre bout de la Terre. Nous y avons rencontré le Delphinium vivace, puis la Vipérine, les pois de senteur dans plusieurs tons de violets, la Pimprenelle, l'Oeillet Prolifère et bien d'autres, sans oublier l'envahisseur : la Renouée du Japon. Bref, beaucoup d'émerveillement devant tant de diversité tout près de chez nous, dans une visite guidée dont vous trouverez les photos ci-dessous en suivant le lien :

http://picasaweb.google.com/ADDESUNDHOFFEN/ADDESBergesDeLIll?authkey=Gv1sRgCLnCgYGGuK-NUQ#

Côté faune, nous n'avons pas rencontré l'Eutychnème, ni les vanneaux qui peuplaient nos champs avant que le maîs ne les fasse disparaître. La vie continue cependant à s'accrocher -entre deux fauchages irréfléchis- sur les berges, et nous avons pu y entendre une fauvette.

A vous à présent de vous émerveiller en prenant le temps de regarder les merveilles qui nous entourent, et surtout, n'oubliez pas : ne cueillez pas les fleurs ! Sinon, Arthur ne sera pas content car ce geste nuit à la biodiversité et n'est pas absolument nécessaire quand on sait qu'il finira dans une poubelle sans avoir été butiné...

Alors bonne visite, et à bientôt pour la suite du parcours, et... MERCI ARTHUR !

samedi 19 juin 2010 14:50 , dans Les rendez-vous de l'ADDES


Allègre et le scandale de l'amiante. (A.Claverie)

Emission de la série infra rouge de France, 2 le jeudi 28 janvier 2010 à 22h 50, pendant 1h 20.

Documentaire de José BOURGAREL :

Cent mille cercueils, le scandale de l’amiante.

RESUMONS /  Ce que je mets entre crochets […] est un commentaire personnel.

  En France, 10 personnes meurent par jour à cause de l’amiante. On estime que plus de 100 000 Français décèderont d’ici 2025, 500 000 Européens.

  Dès 1906, à Condé sur Noireau, en Normandie, un rapport de l’inspection du travail démontre que le manque de ventilation dans une usine d’amiante a provoqué la mort de 50 ouvriers. Les troubles pulmonaires apparaissent 10, 20,30 ou 40 ans après. En 1955, en 1965, les preuves scientifiques s’accumulent mais l’Académie de médecine, les juristes, les médecins du travail, les hommes politiques de tous bords, même les syndicalistes sont manipulés par le lobby de l’amiante, le CPA ou Comité Permanent de l’Amiante, crée en 1982 . En 1977, l’usage de l’amiante est interdit dans la construction mais les lobbies résistent, mentent. Claude Allègre est contre le désamiantage [Word ne connaît même pas ce mot] de la fac de Jussieu mais se fait construire un bâtiment neuf à côté. Il parle de « psychose collective ».

  En 2004, l’Etat est condamné en tant qu’employeur et en tant que législateur.

En 2005, le rapport [officiel, sérieux] du Sénat de Gérard Deriot (UMP) est accablant. Incroyable mais vrai, on semble être dans un Etat qui ne gère plus rien, qui ne conduit plus rien.

 

L’EMISSION AVEC UN ORDRE CHRONOLOGIQUE et comparaison des pays.

  En Grande Bretagne, les romans de Dickens sur la misère ouvrière ont eu le mérite d’encourager la recherche de solutions, en particulier pour les accidents de travail. En 1931, 2 médecins décrivent le cancer de l’amiante, les 1° mesures de prévention contre l’empoussièrement sont prises. En 1955, l’Anglais Richard Doll démontre scientifiquement que ces poussières sont vraiment mortelles.

  Aux USA, dès 1918, les assurances refusent de couvrir les risques liés à l’amiante. [Donc, une corrélation est prouvée de façon clairement…comptable]. En 1946, des mesures de prévention sont prises comme en GB. En France, on se contente d’inscrire ces fibroses pulmonaires dans le tableau, la liste, des maladies professionnelles qui justifient des « primes d’insalubrité », [ce qui n’est pas trop alarmiste]

  En 1965, avec le gros volume de l’Académie de médecine de New York, le pouvoir carcinogène de l’amiante est une certitude. Tout est décrit : la fibrose, le cancer, la prévention et même, on parle de la plus grosse catastrophe de la santé au travail. [On n’est plus dans l’anecdote, le fait mineur, marginal, un problème majeur de sécurité au travail est bien établi]. Les Anglo-Saxons ne comptent pas sur une loi mais ils utilisent des procès pour obtenir de très lourdes indemnités et ainsi endiguer, limiter, ce qui est la plus grande catastrophe sanitaire qui concerne les travailleurs. En 1971, les 1° procès commencent aux USA. En 1982, la plus importante société américaine qui produit de l’amiante, est mise en faillite à la suite de ces procès, l’amiante n’est plus utilisée. [Toucher le porte feuille, ça fait mal, surtout s’il est gros !]

  En 1982, en Suède, une loi interdit totalement l’amiante. Volvo trouve une autre solution pour limiter l’échauffement des freins.

 

  En France, [on traîne comme un escargot et on ment comme un arracheur de dents. Il paraît qu’en France, on n’a pas de pétrole mais on a des idées. Effectivement], depuis 1950, les frères Flandin ont inventé un nouveau procédé de flocage de l’amiante qui sert pour l’isolation thermique, et qui surtout limite la progression du feu dans les bâtiments. Il rend l’amiante inoffensive mais il coûte un peu plus cher, donc, on l’écarte… même à l’Institut du Cancer de Lyon !

   En France, les fausses bonnes nouvelles sont très efficaces. En 1971, une brochure de l’Association française de l’amiante démontre que ce n’est pas un poison. Le titre, « Vivre avec la fibre de la terre » suggère qu’un produit naturel ne peut être nocif. L’amiante est extraite dans des carrières, essentiellement au Canada. C’est habile : un champignon, un fruit peut contenir un poison, pas une banale roche !

  En 1973, le BIT, Bureau International du Travail fait un rapport qui démontre que l’amiante provoque des cancers. Aucune réaction en France. Il n’y a rien dans la législation du travail, donc, un inspecteur du travail ne peut pas condamner un industriel. [Circulez, il n’y a rien à voir ! Par contre, si à 5 heures du matin, dans un village désert, vous avez une vitesse de 58 km/h au lieu de 50, tel article du code de la route vous rackette de 90 euros. Le chanteur béarnais Nadaud considère les gendarmes comme « des racketteurs à képis ».Veuillez excuser mon excès de bile béarnaise, je vous promets de ne plus recommencer.]

  En 1975, on découvre de l’amiante dans l’université de Jussieu car des poussières bizarres tombent sur les microscopes. Un chercheur de Jussieu, Henri Pézenat, porte parole de 30 chercheurs écrit un livre et passe à la télé face à de jeunes loups arrogants de notre capitalisme sauvage. Le message passe quand même et en 1977, l’amiante est interdite dans le bâtiment. Le ministre de la Santé, Jacques Barrot (1979-1981) interdit le flocage en France et mais son utilisation reste légale dans la construction navale et automobile. Jacques Barrot dit à l’auteur du documentaire qu’à l’époque, on n’avait pas de données scientifiques et qu’il n’existait pas de substituts. L’amiante était très appréciée par les pompiers mais s’il existait une déchirure dans ces vêtements, des fibres d’amiante s’échappaient. [Bref, un petit détail]

  Le patron de Jacques Barrot, le premier ministre Raymond Barre a reçu la visite des industriels qui menaçent carrément de fermer les usines si l’amiante est totalement interdite. Le chantage réussit avec des ignorants qui ne connaissent pas les solutions anglaises américaines ou suédoises.

  Le documentaire privilégie les ouvriers de l’usine Valéo à Condé sur Noireau, en Normandie. En 2009, 17 morts à cause de ce cancer, [le nombre total, les pourcentages d’ouvriers, on ne sait pas] mais Roger est le seul survivant d’un atelier de 8 personnes. Les fins de vie sont très pénibles, avec une respiration qui devient de plus en plus insuffisante. L’arnaque concerne le taux d’empoussièrement limite dont l’existence légale, dans un texte de loi, date de 1977, soit 46 ans après la GB, 31 ans après les USA. Le seuil français est trop élevé et ne protège personne. [Copier ou diffuser les taux des autres pays aurait été un crime de haute trahison patronale.] En 1978, une résolution européenne est votée. En 1980, Bruxelles abaisse le taux, puis à nouveau en 1983. Ce n’est appliqué en France qu’en 1987.

  L’usine de Condé annonce des chiffres toujours satisfaisants, c’est rassurant. Les inspecteurs du travail viennent rarement dans cette usine ou bien après avoir prévenu, ce qui permet de bien balayer et d’arrêter les machines dangereuses. Les médecins du travail payés par l’usine, disent aux ouvriers qu’ils ont des poumons de 20 ans. Si un de ces médecins devient trop mordant, on lui retire le contrôle de cette usine. Les pressions sont évidentes pour limiter les interventions. Il suffit de suivre la logique des bonnes mesures de l’usine : il n’y a aucun problème. Le code de déontologie, connaît pas.

  L’année 1994 fut un tournant car les profs de Jussieu savent mieux se faire entendre : 8 profs malades à l’époque, 130 actuellement. La revue Sciences et Avenir avec le dossier complet du journaliste François Malye, et en 1995, Envoyé Spécial de France 2 rendent publique l’affaire. Selon la ministre de la Santé, Elisabeth Hubert( mai –novembre 1995), l’etablishment découvre le problème seulement à ce moment-là. Cette député de la Loire Atlantique connaissait bien les chantiers navals et comme étudiante en médecine [ni myope, ni ignare], elle avait vu l’état calamiteux des poumons de ces ouvriers. Elle a rédigé des textes de lois véritables, véritablement contraignants : interdiction totale de l’amiante, hôpitaux à rénover, indemnisation, ce qui risque de déclencher une grave tempête judicaire. C’est la menace des procès qui fait bouger les choses, qui met fin à l’incurie des pouvoirs publics.[Je remarque que cette dame n’a pas eu une longue survie ministérielle (6 mois).]

  Les industriels de l’amiante ont depuis 1982, et donc, jusqu’en 1995, donc, pendant 13 ans, réussit à berner tout le monde. En 1982, ils ont créé le CPA ou Comité Permanent de l’Amiante, qui n’a aucune réalité juridique (ce n’est qu’une association privée) mais qui groupe des scientifiques de renom, du personnel des ministères et même des syndicalistes de la CGT, donc, des personnalités inattaquables, des notables. Les ministères ont délégué à une officine privée, ce dossier brûlant, [cette « patate chaude »]. Les membres de ce CPA vont même à Bruxelles à la place des ministres, [comme un Etat dans l’Etat, le comble de la belle formule juridique, être juge et parti !] L’Etat a abandonné sa prérogative de la fabrication de la législation à des privés, [et surtout à des administrateurs de sociétés qui ne rendent des comptes qu’à des actionnaires et qui ont recruté des scientifiques, des médecins myopes et ignares, bref, un capitalisme sauvage !]

.. Ce CPA parle d’un usage contrôlé de l’amiante. Les masques ne servent à rien, le professeur Got indique qu’il faudrait une adduction d’air, c’est à dire un scaphandre, dont parlait une revue de…1936. Les industriels apportaient des infos incomplètes, oubliaient les expertises techniques. Les documents présentent les faits de façon trompeuse. Les ministères, même le syndicat CGT (M.Odet) ont été aveuglés, bernés, manipulés.

  Avec les lois Hubert de 1995, la musique n’est pas la même. En juillet 1996, le rapport Goldberg de l’INSERM reconnaît officiellement le danger et estime pour la première fois, le nombre de morts à, au moins, 2000 par an. Aucune statistique n’a été faite, les études épidémiologiques ont été oubliées, zappées, ignorées : des détails…Cette unité de l’INSERM avait du mal à trouver un financement et sur le terrain, les employeurs refusaient carrément de collaborer. Dès le lendemain de la publication (estivale) de ce rapport, le (la) ministre interdit totalement l’amiante, ce qui devient applicable pour le 1° janvier 1997. Ainsi, depuis le 1°janvier 1997, l’usage de l’amiante est totalement interdit en France. La France est ainsi le 8° pays qui dispose de cet arsenal judiciaire.

  Le 14 juillet 1996, J.Chirac souhaite la transparence dans les dossiers de la vache folle et de l’amiante. La fac de Jussieu sera fermée. C’est faux, les travaux de désamiantage ne sont pas terminés en 2010. Claude Allègre qui annonce haut et fort qu’il est un vrai scientifique, est contre le désamiantage et s’indigne de cette « psychose collective ». Comme il avait ses bureaux dans cette fac de Jussieu et qu’il n’a pas le goût du sacrifice, il a fait construire un bâtiment à côté et même le financement de son nouveau bâtiment a asséché le budget du désamiantage ! [Donc, il s’est prudemment servi mais il a laissé les copains dans la m..., dans l’amiante ! Il écrivait des articles qui réfutaient les risques de l’amiante, un scientifique notoire donnait des leçons…Faites ce que je dis et ne faites pas ce que je fais, on connaît la musique…Ces articles devaient habituellement se monnayer, un Juda qui trahit son camp n’oublie sûrement pas de réclamer ses 30 deniers !]

..En 1998, Martine Aubry apporte un peu d’humanité dans ce monde de brutes. Les ouvriers de l’amiante auront leur retraite à 55 ans et même à 50 ans si l’examen des poumons montre des atteintes graves. Le FIVA ou Fond d’Indemnisation des Victimes de l’Amiante est créé.

  En 2002, La Cour de Cassation reconnaît que les plaintes des victimes sont valides.

  En 2004, l’Etat est condamné en tant qu’employeur et en tant que législateur. Nous venons de constater que l’Etat a laissé les industriels de l’amiante légiférer à la place des députés, de

1982 à 1996. [Forfaiture, c’est à dire trahison, mafia dans les ministères, une réelle et ancienne] « omerta » (ce mot est bien mis en valeur dans le documentaire). .

 En 2006, le glaive de la justice met en examen 6 directeurs d’usines et des médecins du travail mais comme il travaille lentement, les procès traîneront jusqu’en 2015. Il faudrait 10 fois plus d’enquêteurs pour activer la cadence. Un ouvrier constate que c’est un crime sournois, c’est dégueulasse.

  Il existe un conflit entre la branche maladie de la Sécurité Sociale payée à 50 % par l’employeur, le reste par le salarié, et les accidents du travail payés à 100% par l’employeur.

Maintenant, notre réglementation est très bonne mais elle n’est pas appliquée. L’importation, la transformation et la vente d’amiante sont interdites en France mais les constructions des années 1960 et 1970, soit la moitié des logements ou des maisons, même la moitié des CHU,  ont des problèmes d’amiante. Un certificat est exigé lors de la vente d’un logement [mais les tolérances sont réelles]. Parmi les chantiers de désamiantage, la moitié ne sont pas aux normes !

  Les fibres courtes et fines qui correspondent à 90% des fibres ne sont prises en compte par les réglementations alors qu’elles sont dangereuses selon l’AFSET. Depuis 1977, on ne mesure que la partie apparente de l’iceberg. Le refrain est toujours le même : une variété d’amiante, la cryolite n’était considérée comme pas dangereuse alors qu’on savait scientifiquement que c’était faux.

  Il existe une exposition environnementale. Ces fibres déposées dans des centaines de décharges sauvages rejoignent la nappe phréatique et donc, nos estomacs. Les filtres pour le vin utilisent l’amiante. Tout le monde a respiré des milliers de fibres d’amiante.

  On commence à établir une corrélation entre l’amiante et les cancers du larynx et de l’ovaire, une suspicion concerne le cancer du colon.

  La mondialisation des mesures de prévention n’existe pas du tout. Au contraire, le Canada reste le premier producteur mondial d’amiante et vend très facilement au Brésil, à l’ensemble de l’Asie, bref, partout, sauf aux USA et en Europe. Il parle d’un usage contrôlé, maîtrisé de l’amiante. Ainsi, les 4/5 de la population mondiale reste dans la même situation que la France des années 1970 ou 1980. La courbe de la consommation d’amiante augmente en Inde et en Chine et nous achetons beaucoup d’objets à ces pays-là. L’Union Européenne autorise l’interdiction d’importer certains produits contenant de l’amiante.

  Elisabeth Hubert estime qu’un procès pénal est justifié et même nécessaire pour redresser les choses. Cette affaire démontre que notre société privilégie le profit au détriment de la santé, en particulier celle des travailleurs. Beaucoup de fonctionnaires, industriels, médecins, même généralistes sont concernés et Roger, le seul ouvrier survivant parmi les 8 ouvriers de son atelier, pense que quelques mois de prison seraient utiles au médecin du travail qui a beaucoup trop menti.

 

MON COMMENTAIRE :

  Les livres d’instruction civique expliquent que la loi est l’expression de l’intérêt général. Il est difficile d’entendre et d’admettre que des lobbies infiltrent les ministères pour pervertir les décisions. Ici, ces lobbies ont même remplacé les fonctionnaires en endossant le vêtement de l’expert, du spécialiste, du scientifique, Claude Allègre, en tête. Il est totalement scandaleux que la respectabilité scientifique se mette au service de manipulations grossières. Ces loups essayent de gagner du temps mais la vérité finit par éclater. Ils sont du même niveau qu’Hitler qui répétait : « Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose ». Le doute, la suspicion touche aussi les scientifiques honnêtes lorsque de nombreux et respectables scientifiques ont aussi gravement menti. Ce lamentable jeu du loup et de l’agneau est d’autant plus scandaleux que les sommes nécessaires à la prévention sont minimes.

  Qui se souvient du procédé des frères Flandin des années 1950 qui rendait la flocation inoffensive mais qui la rendait un peu plus chère ? De combien ? Le documentaire oublie de le dire. On va dire 3 sous. Donc, pour 3 sous, quantité de problèmes auraient été évités. Cet aveuglement correspond à l’ignorance totale du danger, un silence organisé, une omerta.

  Dans mon Encyclopédie Universalis d’octobre 1975, tome 14, p.161, je lis que « l’aspiration des poussières, la ventilation visant à remplacer au fur et à mesure l’atmosphère chargée de poussières est d’une très grande efficacité ». Là aussi, disons pour 3 sous, bien des malheurs auraient été évités. Les industriels savaient cela mais ils ont choisi d’aller pleurnicher chez Raymond Barre, ils l’ont menacé de fermer les usines. Les anciens se souviennent du mot scandale prononcé par la voix rocailleuses de Georges Marchais, secrétaire général du Parti Communiste Français. Il me semble donc, que les syndicats et même G. Marchais ne connaissaient pas le problèmes et surtout les solutions…peu coûteuses ! La machine à manipuler du CPA a été redoutablement efficace et c’est cela qui me fait vraiment peur.

  Dans cet article, p. 160, je lis que les fibres longues de 15 microns s’opposent aux fibres courtes de 2 microns. « La sclérose asbestosique est plus redoutable que celle de la silicose des mineurs. L’évolution est beaucoup plus lente que celle de la silicose. Les premiers signes apparaissent après dix ans d’exposition à un risque important ». J’ai découvert à quoi correspondaient ces « poumons de 20 ans » : « La traduction radiographique des lésions est difficilement lisible, à travers une diminution générale de la transparence, tant elles sont diffuses et floues ». La capacité respiratoire est légèrement diminuée, donc, à nouveau, ce n’est pas une preuve. Ainsi, un médecin qui n’était pas ignare, SAVAIT que ces ouvriers qui travaillaient sans protection allaient avoir des problèmes…plus tard. La silicose évolue en général vers une tuberculose alors que « l’asbestose paraît bien posséder un potentiel cancérigène et favoriser le développement des tumeurs épithéliales bronchopulmonaires, en particulier le mésothéliome pleural ». D’accord, j’ai des poumons de 20 ans mais ils seront comment dans 10 ou 20 ans ? Un ouvrier a le droit de survivre, il ne mérite pas cette pénible condamnation à mort…latente, larvée, « sournoise ». Cette affaire ressemble à une bombe à retardement et ce sont les juges qui sont chargés de trouver des solutions. Le bruit médiatique servira peut être à éviter, dans le reste du monde, non pas l’usage de l’amiante mais VRAIMENT « un usage contrôlé et maîtrisé », ce qui d’ailleurs, ne coûte pas cher (le flocage Flandin, la ventilation).

  Ce qui me révolte dans cette affaire folle et mesquine de petits sous, c’est une sorte de totalitarisme de la pensée scientifique officielle de Claude Allègre par exemple. Ce Roger garde une haine contre son médecin du travail qu’il avait en face de lui mais ce médecin n’est que le maillon terminal d’une chaîne d’information qui a fonctionné de façon catastrophique. C’est donc en 1994-1995 qu’une contre offensive médiatique a eu lieu. Avant que faisaient les conseillers, les documentalistes des ministères, des syndicats, de l’Ordre des Médecins, les chercheurs, les universitaires ? La banale Encyclopédie Universalis de 1975 est déjà fort éclairante. L’académie de médecine de Paris se révèle beaucoup moins pertinente que celle de New York. Face à l’Internationale de l’amiante, il n’y a eu donc aucun colloque pour dire qu’avec quelques petits sous, on peut avoir une prévention, c’est à dire « une ventilation très efficace ». Un scaphandre aurait été parfait mais limiter les dégâts, garder une capacité respiratoire correcte mais pas parfaite, ne coûte pas cher. Je ne comprends pas, je ne comprends plus !!

  Un collègue vient d’enterrer, en juin dernier, le 6° prof d’un lycée technique de Guebwiller, il avait 57 ans. Les dangers du flocage que ridiculise C. Allègre ne sont pas une lubie, mais une réalité !

  Ce documentaire oublie de calculer l’espérance de vie des ouvriers ou autres victimes de l’amiante. « Ils meurent de 55 à 65 ans », d’une façon indigne, en voyant s’éteindre inexorablement le souffle de la vie. Une autre résignation ou fatalisme, peut être accepté.

Je connais l’exemple des usines chimiques du complexe de Lacq dans les Pyrénées Atlantiques. En faisant le tour du cimetière de mon village natal, on constate la faible espérance de vie de ces ouvriers, environ 60 ans. Je connais un cas précis d’une mort par cancer à 66 ans, il y a 10 ans. La société SNPA avait coutume de financer une assurance-vie qui permet de transmettre, sans frais, à un héritier, jusqu’à 1 million de francs. C’est ainsi que le frère a reçu 700 000 francs. Ici, la ventilation n’était pas efficace, suffisante…

  Dans le cas de l’amiante, c’est l’ignorance et la bêtise qui sont graves. D’après Jacqueline de Romilly, en grec, le même mot désigne l’ignorance et la bêtise. Ce qui est quand même révoltant, c’est qu’en fait, ce n’est pas une affaire de fric, juste une affaire de 3 sous…Les indemnisations consécutives aux procès risquent d’être plus coûteuses ! Combien coûte une fin de vie raccourcie et indigne ?

  Le jeudi suivant, l’émission infra rouge avait pour thème la suppression des juges d’instruction. Sarkhozy ne veut plus de ces juges qui embêtent les patrons. Dans le Nouvel Observateur n°2361 du 4 février 2010, p. 85 « Certains juges d’instruction sont devenus redoutables, ils ont compris les systèmes de blanchiment et de corruption. Les associations de victimes sont en essor  et les ont saisis notamment en matière de terrorisme et de santé publique (l’amiante, le sang contaminé) et donc, le champ des investigations de ces juges s’est élargi. »

vendredi 02 avril 2010 16:23


Allègre...ment ! ou le climat vu par un géologue (A.Claverie)

Emission de FR2, mercredi 10 mars 2010, L’objet du scandale avec Guillaume Durand, 22h20, 1° partie : Allègre face aux Français

                                                                   A Ribeauvillé (Alsace), ce jeudi 11 mars 2010

Bonjour madame,

  Hier matin, j’ai téléphoné à votre père. Vous souhaitez des points de vues et connaître l’impact de l’émission.

  C’est bien volontiers que je réponds. En langage poétique, vous étiez comme une gracieuse gazelle prête à manier l’ironie, face à un gros vieux ours, fier comme un paon,  mais prêt à frapper avec sa grosse patte sur la table.

  En langage sportif mais en toute franchise, j’ai senti que le GIEC a encore perdu un match, une bataille. Dans mon entourage, le message était déjà fort brouillé mais avec l’émission du Téléphone sonne sur France Inter, le 26 février dernier, Vincent Courtillot a écrasé, laminé Jean-Paul Van Ypersele, vice-président du GIEC, très courtois mais qui n’a pas riposté à la thèse de Courtillot (l’influence du soleil) et au journaliste Alain Bédouet, fort partial, qui a dit qu’Allègre considère les chercheurs du GIEC comme des incompétents et des imposteurs.

  Mercredi soir, Guillaume Durand essayait d’être neutre mais il a trop laissé parler Allègre qui coupait la parole sans arrêt, qui bottait sans arrêt en touche, en se situant hors sujet. Vous avez eu le mérite de rester tout à fait calme, votre attaque a été énergique (« un livre politique où vous parlez de science »). Un très beau coup comme on dit au jeu des échecs, une banderille bien plantée, comme dans la seule corrida que j’ai vue dans ma vie, à Orthez, dans le Béarn : quand Allègre a gaffé en disant qu’il était seul contre 1000, puis 3000, votre « syndrome du génie incompris » a fait mouche ! L’esprit voltairien, l’ironie ont quand même du bon.

  Ensuite, Guillaume Durand soutenait Allègre. Les scientifiques se sont-ils plantés [trompés] ? Il a cité la page 273 en rigolant sur l’écologie excessive, donc, « dominatrice, castratrice », un bel effet de manche même s’il passe sous la ceinture ! Allègre a dominé le débat, on a parlé de tout, des séismes, de la nourriture bio trop chère, du nucléaire, des OGM... Allègre a osé rappeler le titre d’un de ces articles « Je suis hostile au principe de précaution, piège à c…»L’exemple de la grippe H1N1 a fait mouche, le rappel du bug de l’an 2000 a été fort astucieux et Allègre a conclu : « Il faut être raisonnable ! ».

  A mon avis, votre contre-attaque a été faible, seulement la notion de caricature puis de « caricature à mort des sciences du climat », ce qui est une expression maladroite à mon goût. Votre style est resté doctoral, didactique : « un assèchement du climat méditerranéen ». Dans ce pugilat, voici ce qui aurait été plus clair, plus percutant : «  L’Espagne, l’Italie, la Grèce (la pauvre, encore elle !) vont devenir presque, ou tout à fait, des déserts ».

  En vous lançant dans le thème du GROENLAND pas vraiment verdoyant, vous avez donné à votre adversaire des bâtons pour vous faire battre. C’est audacieux de combattre une idées très largement répandue mais ces arguties de spécialistes, cette récente remise en cause, passent à une lieue au dessus de la tête du citoyen juste un peu cultivé. A mon avis, le thème du trou de l’ozone (habilement utilisé au début de l’émission Tel sonne) aurait permis de montrer que l’on peut réparer ou guérir la planète Terre. C’est en repassant l’émission de mercredi que j’ai saisi, comme Rabelais, la substantifique moelle au milieu d’une bagarre furieuse. L’information a été comme éclatée, éparpillée. En rassemblant ce qui est épars, cette forte teneur en CO2 (laquelle ?) en 2100 ressemblera à celle qui existait il y a 3 millions d’années, en gros, époque où il y avait très peu de glace au Groenland. Par contre, vers l’an 1000 ou en 986, le Groenland avaient tout juste un peu moins de glace qu’à l’heure actuelle, avec les mêmes villages, la même calotte glaciaire. Allègre en coupant votre parole ne vous a pas laissé commencer un début de démonstration et il a martelé que le Groenland avait beaucoup moins de glace que maintenant. Il a joué au scientifique en évoquant un document danois de 2 frères italiens [2 moines]. Impossible de suivre la rapidité de l’échange sur les anneaux d’arbres, la Finlande. Allègre a joué sur le toponyme Groenland et il a gagné cette manche. Il aurait fallu beaucoup plus de temps et de calme pour démontrer que cette toponymie n’a pas la rigueur scientifique suffisante. Il y a 3 millions d’années, tel taux de CO2, donc, telle carte de la calotte glaciaire du Groenland qui montre beaucoup de vert. Par contre, entre l’an 1000 et actuellement, la zone verte n’a que très peu varié. Les Verts se sont pris les pieds dans le tapis à cause de la tempête Claude et non pas Cynthia ! Au tapis, par KO, les pauvres verts !! Avant, Allègre a même dit qu’actuellement, les glaciers du Chili avancent, donc, foutaises que ce CO2 !

  Allègre a gardé son coup de massue pour la fin : « je ne crois pas aux MODELES MATHEMATIQUES en économie, dans les finances et donc, aussi, en climatologie. Sa dernière phrase : La science climatique doit démarrer sur de nouvelles bases !

  Vraiment dur de laisser le public sur une aussi grossière contre-vérité, un amalgame destructeur ou une vision aussi destructrice. Votre expression« caricature à mort » a été trop faible face à ce prédateur qu’est Allègre. La climatologie ne se réduit pas à ces modèles mathématiques. Mitterrand disait que les experts se trompent toujours. Le style du café de commerce, le populisme, c’est facile. Moi aussi écoeuré, je n’avais pas retenu, noté ceci en première lecture : à la fin, Allègre a opposé la climatologie qualitative des géographes et la climatologie quantitative des informaticiens. Quel grossier personnage et quelle imposture scientifique ! Le nul, c’est bien lui !

 

  En conclusion, je parlerais du DILEMME DU DEBATTEUR, du vulgarisateur en pensant au titre le Dilemme de l’inquisiteur, série de 3 livres d’une collègue historienne de Guebwiller en Alsace,Sonia Pelletier-Gautier(éditionsdu Pierregord) . Pour se faire accepter par un public de moins en moins instruit, il faut apparaître calme, mesuré, modéré. La bataille de chiffonniers finale, déclenchée par Allègre, n’a pas beaucoup servi la démonstration scientifique.

  Néanmoins, avec des prédateurs, des tueurs comme Allègre ou Courtillot, il ne faut pas se laisser écraser, tuer ; A mon avis, dés le début, au lieu d’évoquer vos états d’âme (rire ou pleurer), donc, des émotions, vous auriez du apporter l’article du Monde de Stephane Foucart du 27 février qui fait la liste des âneries et des malversations ou malhonnêtetés intellectuelles de ce livre, donc, en vous positionnant dans le domaine du raisonnement scientifique pur. En gros, élève Allègre 3 sur 20 ! Les échantillons présentés lors de l’émission me suffisent, l’article du Monde doit donner la nausée !

  Votre père sait que j’ai tendance à avoir une plume caustique, dure. L’expérience récente de mon résumé d’une émission du 26 janvier dernier, sur le drame de l’amiante me pousse à justifier ma position. Ce texte a été considéré comme haineux envers Allègre. Que nenni ! Ce gars avait survolé à grandes enjambées ces 5 pages et j’ai démontré que je n’étais que le scribe, le greffier d’une émission reproduite au mot près. Un gars m’a réconforté en disant qu’il fallait entrer en résistance. Eh bien, oui, Allègre est un collaborateur, un avocat du CPA, Comité Permanent de l’Amiante. Ce qui est grave, c’est qu’il porte deux casquettes à la fois : celle de l’avocat ou lobbiste et celle du scientifique. « Il apporte une caution scientifique à un lobby ». LE PROBLEME, c’est que le public ne le sait pas. Cela s’appelle de l’imposture ! Le pire, c’est quand elle est insidieuse, cachée et avance masquée. Au moins, mercredi soir, avec Internet qui parlait de Total, pas de masque, ça commençait à chauffer !

  Je vais être encore plus clair. Vous constatez que le niveau culturel en général et scientifique, en particulier, baisse. Vous êtes d’accord ? (Je reprends votre belle tactique !). Des gens brillants comme Courtillot ou Allègre ressemblent, à mon humble avis, au ministre de la propagande nazie, Goebbels, ancien prof de philo. Objectivement, ils arrivent à convaincre. Déjà 90 000 livres d’Allègre vendus, encore beaucoup plus après cette émission. Je me souviens d’un ami qui vient de mourir. Etudiant en médecine du temps des nazis, il nous expliquait que Geobbels était admis, approuvé et même tout à fait approuvé. Ces mensurations raciales étaient une parodie de science mais la masse suivait… et même, et c’est là le drame, une élite médicale. Maintenant, cela choque mais on n’a pas toujours le temps de lire de façon approfondie, de comparer vraiment, de réfléchir, de prendre du recul en compagnie de bons amis. Dans le Bible, on lit : « Que celui qui n’a pas péché me jette la première pierre ». Bien sûr, partout, même pour un diagnostic médical, on va un peu vite, on ne relit pas attentivement, précautionneusement. Le principe de précaution, c’est un vaste sujet! Vous êtes d’accord, n’est-ce pas ?Parmi les nazis, il n’y avait pas que des brutes sanguinaires mais aussi des gens de haut niveau capables d’ironie, d’un humour ravageur mais qui faisait mouche. La caution scientifique, cela marchait. Ils avançaient masqués, c’était donc pire.

  Votre père possède ma documentation sur Allègre dans l’affaire de l’amiante. Quand Allègre vous a tiré dessus en disant que l’académie des sciences trouvait nuls ces modèles mathématiques, j’aurais voulu vous dire à l’oreille que l’académie de médecine de Paris a dévalorisé le drame de l’amiante alors que l’académie de médecine de New York était à la pointe de la recherche. Pour le public, même pour moi, une telle académie est une solide caution scientifique. Je suis devenu comme un chat échaudé qui craint l’eau froide. Le nœud gordien du débat était cette notion d’imposture, même de certaines hautes autorités !

  Moi-même, je suis plus à l’aise devant une feuille de papier ou un écran que devant une classe. Comme Rousseau, je suis un esprit du bas de l’escalier face au brillant Voltaire. Le métier d’avocat ne me convenait pas. Je n’ai aucune fonction politique parce que j’ai tendance à fuir les débats. Je me sens goujat, mal intentionné ou même imposteur ( !), en osant vous juger mais je me permets de vous dire que vous avez été meilleure que Van Ypersele, (déjà une revanche des femmes sur les hommes !) et que vous avez bien résisté lors de la première manche mais dans la dernière manche, avec le bourbier du Groenland, je sentais une jubilation malsaine d’Allègre.

  Je suppose que vous n’êtes guère entraînée au combat de gladiateur des mots. Ce sont des brutes, donc, il faut cogner dès le début ! Alain Duhamel racontait qu’il a vu les cahiers surlignés avec des feutres de couleurs de Georges Marchais, le tonitruant secrétaire général du PCF. Il s’enfermait dans une maison à la campagne avec des copains qui jouaient les rivaux. Sur le plateau télé, il ne pouvait amener ses cahiers mais il les avait bien potassés.

  J’espère que je ne vous ai pas trop assommé, je pense avoir dit l’essentiel de ce que j’ai ressenti. Le monde des médias, de la politique est souvent une jungle et je crois que cela arrange certains d’avoir un niveau de débat pas trop élevé, pas trop sérieux, pas trop scientifique. Ainsi, la phrase d’Hitler : « Mentez, mentez, mentez, il en restera toujours quelque choses » se met plus facilement en œuvre. De même, pour « Quand j’entends le mot culture, je prends mon pistolet ». Je suis sans doute excessif avec mon thème d’un fascisme larvé mais je me méfie des malveillants fort protéiformes. Un vieux prof d’histoire-géo, comme moi, qui radote un peu, ça existe…Je crois savoir que les asiles psychiatriques français sont trop remplis. Cela m’arrange ou devrait m’arranger…

  Bon courage, bon vent, tenez bon la barre  en ces temps de tempêtes, Cynthia, Claude, Vincent et les autres…

vendredi 02 avril 2010 16:21 , dans Réchauffement climatique


Copenhague, le dernier RDV

Bonjour à tous,

vous trouverez ci-dessous un article reçu d'Alsace Nature sur l'ultimatum climatique de Copenhague où la conférence sur le réchauffement climatique va bientôt se dérouler.

Les chiffres sont vraiment alarmistes, mais il convient de ne plus fermer les yeux. S'il reste une chance de s'en sortir, elle est peut-être encore là, à Copenhague.

Surtout, signez la pétition pour que cette réunion aboutisse à autre chose que des déclarations sans lendemain :

 http://www.copenhague-2009.com/,

Après, les jeux seront faits de toute manière et il ne restera plus qu'à subir les conséquences de notre folie...ou de notre inconscience.

Si l’objectif de la conférence de Copenhague est clair - aboutir à un accord pour lutter contre le réchauffement climatique - une inquiétude demeure cependant car toutes manoeuvres échappatoires à l'affrontement direct de la réalité climatique et énergétique mènera au chaos.


Nous avons trois certitudes. La modification de la composition de l'atmosphère en gaz à effet de serre (GES) est rapide et importante depuis cinquante ans. Le réchauffement global est sans équivoque lorsqu'on observe l'évolution des températures moyennes, mais aussi l'élévation du niveau des mers par dilatation, l'accroissement de la vapeur d'eau, la fonte des glaciers et d'autres facteurs. Enfin, l'essentiel de ce changement est dû aux activités humaines, même si certaines activités naturelles telles que les cycles du soleil et le volcanisme peuvent parfois amplifier ou contrecarrer ce changement. Parce qu'il n'y a pas, dans le passé, l'analogue de ce qui se passe actuellement, il est nécessaire de réduire drastiquement et rapidement nos émissions de GES et de mettre en oeuvre des politiques d'adaptation, notamment pour la protection des populations de certains pays du Sud.

Il y a une autre raison d'agir vite et fort à Copenhague. Nous n'avons plus que quelques années pour profiter de notre capacité de faire, de notre puissance disponible, de notre relative prospérité avant que l'énergie ne devienne rare et beaucoup plus chère qu'aujourd'hui, tandis que la récession concomitante nous empêchera d'agir efficacement. Si un bon accord juridique n'est pas conclu à Copenhague, nous n'aurons plus le temps de nous en tirer, faute de moyens physiques économiquement disponibles. Nous ne sommes plus dans le rêve essentialiste d'une bienheureuse société post-carbone en 2050, nous sommes dans le compte à rebours pour éviter le pire, pour réduire les souffrances de nos enfants et petits-enfants, pour sauver le plus grand nombre de nos frères et soeurs du Sud. Pratiquement, le point le plus important de Copenhague est un accord contraignant sur la décroissance réelle et forte des émissions de GES à partir de 2015.

Moins connu que les autres arguments en faveur de la réduction des GES, cette raison d'agir basée sur la raréfaction et le renchérissement imminents de l'énergie doit être expliquée plus avant. Essentiellement : le modèle économique dominant - que l'on peut qualifier de « libéral-productiviste » - nécessite une croissance sans fin et une création d'emplois continuelle, ce qui est physiquement impossible. Plus explicitement : l'économie actuelle s'appuie sur les marchés et les emplois pour distribuer les biens et les services ; la croissance du PIB et des emplois exige la croissance de l'énergie nette disponible ; cette dernière est liée au pic de production de pétrole qui arrive aujourd'hui et sera donc suivi - dès la décennie 2010-2020 - d'une décroissance longue et définitive du PIB, la récession actuelle se transformant en dépression puis en chaos si nos dirigeants ne décillent pas les yeux. Bref, lorsque l'énergie nette disponible décroît, tout décroît. Cette décroissance n'est même plus un choix politique issue d'un débat politique sur les meilleures orientations pour une planète soutenable, cette décroissance est notre destin.

De ce point de vue, les débats préparatoires à Copenhague sont souvent affligeants. Les sujets qui occupent le devant de la scène ne permettant pas du tout de faire face à l'avenir tel que décrit ci-dessus. On organise ici de vastes conférences sur la création d'un marché mondial du carbone, à l'image de l'European Trading Scheme (ETS) qui a montré son inefficacité depuis trois ans. On réunit là des experts actionnés par les lobbies pour débattre gravement de la capture et séquestration du carbone. On rassemble ailleurs des responsables économiques pour chanter les vertus des Mécanismes de développement propre (MDP), c'est-à-dire l'achat, par les entreprises du Nord, de crédits d'émissions dégagés par des projets de dépollution au Sud. Au lieu d'exiger un effort national en faveur de la baisse réelle des émissions dans chaque pays riche, le « paquet énergie-climat » de l'Union européenne, adopté en décembre 2008 sous présidence française, autorise les Etats de l'Union à externaliser leur vertu en instaurant ainsi un marché mondial d'indulgences au profit du Nord. Toutes ces manoeuvres ne sont qu'échappatoires à l'affrontement direct de la réalité climatique et énergétique.

A Copenhague, tout texte dilatoire inspiré par le nationalisme économique ou l'ignorance de la hauteur des enjeux nous conduirait vers un désastre global. Je crains que les chefs d'Etats et de gouvernements, faute d'accepter un accord juridique contraignant, s'en tirent par une déclaration politique commune, d'autant plus magnifique qu'elle sera vide de décisions.

Yves COCHET
Mathématicien, ancien Ministre de l'Environnement, Député de la 11e circonscription de Paris.

samedi 07 novembre 2009 17:22 , dans Réchauffement climatique


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